Équijustice à Barcelone : une approche de la justice réparatrice qui fait écho à l’international
Paru le 26 mai 2026

Invitée au séminaire international de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF) et de l’Association Internationale des Procureurs et Poursuivants Francophones (AIPPF) sur la justice réparatrice, Sandy Grenier, codirectrice d’Équijustice Estrie et médiatrice spécialisée, a échangé avec une quarantaine de procureurs, avocats et acteurs institutionnels de la francophonie.
Sa participation s’inscrivait dans une programmation consacrée aux expériences concrètes de justice réparatrice, aux côtés d’acteurs judiciaires et institutionnels internationaux.
Déplacer le regard : de l’infraction à la personne
L’apport d’Équijustice a permis de proposer un autre regard sur les situations de violences interpersonnelles :
- Déplacer l’attention de la qualification des faits vers l’accompagnement des personnes;
- Illustrer concrètement une posture qui soutient l’agentivité, sans se substituer aux rôles juridiques;
- Montrer que les parcours de justice peuvent être adaptés, même dans des situations complexes et longtemps après les faits.
Une image forte : l’escalier
Pour incarner cette approche, Sandy Grenier a partagé l’histoire de Mélanie, une personne ayant vécu de l’inceste dans l’enfance, qui a choisi, plusieurs années plus tard, de s’engager dans une démarche de médiation avec son grand-père.

Cette expérience a permis de présenter la justice réparatrice comme une démarche en escalier, où chaque étape compte.
- Le processus débute par l’exploration des attentes de la personne demandeuse,
- puis, lorsque possible, s’ouvre à l’autre personne concernée.
- Les rencontres individuelles permettent de clarifier les intentions, d’approfondir les attentes et d’anticiper les différentes situations pouvant émerger lors d’un éventuel dialogue.
- Le dialogue a lieu, seulement si les personnes le souhaitent et que les conditions sont réunies
Le dialogue constitue la dernière marche, sans pour autant être l’unique finalité. Chaque étape du parcours joue un rôle essentiel dans le cheminement.
« Souvent, on est pressé, on veut prendre l’ascenseur… mais c’est important de prendre l’escalier. »
Cette métaphore a particulièrement marqué les participants. Elle met en lumière :
- Le temps nécessaire aux démarches réparatrices, un temps long et exigeant;
- La nécessité de centrer l’accompagnement sur les attentes, le rythme et la sécurité des personnes;
- La valeur de chaque étape pour créer des conditions propices au dialogue, lorsque celui-ci est possible;
- Le rôle des acteurs autour des personnes.
Dans cette image, les partenaires deviennent une main courante : un élément essentiel sur lequel les personnes et les médiateurs peuvent s’appuyer au besoin, tout au long du processus.
Une approche qui inspire à l’international
Les retours des participants ont été très positifs :
- Une forte volonté de s’outiller et de structurer des pratiques en justice réparatrice, notamment en s’inspirant de la médiation relationnelle développée par Serge Charbonneau et Catherine Rossi;
- Une reconnaissance d’une approche perçue comme accessible, transférable et profondément humaine;
- Un intérêt marqué pour la posture d’intervention, qui a particulièrement résonné auprès des participants
Les échanges ont aussi permis de démystifier l’application de la justice réparatrice dans des contextes sensibles, notamment en contexte de violences sexuelles et conjugales. Les discussions ont contribué à démontrer que ces démarches peuvent exister avec rigueur, sécurité et sens, lorsqu’elles sont encadrées de manière adéquate.
Depuis 2018, Équijustice a accompagné près de 730 personnes en médiation spécialisée : 70 % des démarches concernent des violences sexuelles et 21 % des violences conjugales.
Équijustice fait rayonner son expertise
La participation d’Équijustice à ce séminaire a permis de mettre en lumière :
- La qualité de ses pratiques;
- La justesse de sa posture d’accompagnement;
- La pertinence de son approche centrée sur les personnes.
Cette présence contribue à la reconnaissance internationale du modèle québécois en justice réparatrice et confirme son potentiel d’inspiration au-delà des frontières.
Merci aux organisateurs de nous avoir offert l’occasion de participer à cet espace de réseautage international.